Saint Nicolas de Bovesse

SECTEUR DE LA BRUYÈRE

Paroisse Saint Nicolas de Bovesse

   

 

SAINT NICOLAS

Pour des milliers d'enfants, cette fête est synonyme de cadeaux, de friandises... à moins que ce ne soit de reproches et de punitions, pour ceux qui n'ont pas été "sages". Légende tenace qui, dans des régions entières (principalement le nord et l'est de la France, l'Allemagne, la Belgique, la Suisse aussi), tient les petits en haleine à l'approche du 6 décembre. Faut-il attribuer à l'attente de la "visite" de saint Nicolas cette triste parodie qui, depuis à peine un siècle, multiplie les "Père Noël", ces lamentables faux vieillards à barbe blanche auprès desquels, désormais, chaque bambin souhaite d'être photographié ? C'est possible... et c'est bien dommage!
Il est bon en tout cas de nous rappeler aujourd'hui, quelle que soit la part de légende qui s'est attachée à ce saint, qu'il fut tout autre chose que le grand-père distributeur de cadeaux, ou encore le sauveur des "trois petits enfants" que le boucher de la chanson aurait mis dans son saloir.
C'est un homme du IIIème siècle. Dès l'enfance, paraît-il, il donna des signes de sainteté. Sa charité débordante le portait à toutes les libéralités. Créé évêque de Myre d'une façon peu commune (en ces temps, les manifestations de l'Esprit Saint semblent avoir été plus spectaculaires que de nos jours), il laissa à tous l'exemple d'un pasteur plein d'intelligente bonté.
Après avoir participé au Concile de Nicée, il remit pieusement son âme entre les mains du Seigneur. C'était vers l'an 330.
La trame de cette vie d'évêque des premiers siècles présente beaucoup de points communs avec d'autres. Aussi l'attention particulière de notre prière pourrait-elle se porter avec plus d'efficacité sur les innombrables petits "clients" de ce saint populaire, plutôt que sur sa personne même.
L'enfance ne doit-elle pas être un de nos soucis permanents ? Voyons-les dans notre prière, tous ces petits qui, aujourd'hui, ont été - avec plus ou moins de bonheur – "visités" par saint Nicolas. Voyons leurs yeux brillants, leurs mains serrées sur leurs trésors, leur cœur tout chaud de contentement...
Que sera demain pour ces enfants ? Y aura-t-il même pour tous un "demain" ? Leur crédulité d'aujourd'hui deviendra-t-elle une foi vivante, capable d'informer toute leur existence et de rayonner autour d'eux ?
Leur satisfaction va-t-elle au-delà de l'égocentrisme ? Sont-ils prêts à partager leurs jouets ce soir... pour pouvoir partager demain les richesses de leur cœur d'hommes et leur éducation chrétienne ?
Et les autres, les masses innombrables d'enfants qui ne connaissent pas plus saint Nicolas que Jésus... Les portons-nous dans notre préoccupation, dans notre affection, dans notre prière ? Même si nous n'avons pas directement influence sur l'enfance, nous en sommes toujours responsables dans une certaine mesure. Le champ de l'éducation est vaste ; il comporte du travail pour tout le monde. Et de toute manière, c'est toujours le moment de nous souvenir que les mains élevées vers Dieu avancent souvent davantage la besogne que celles qui s'y appliquent directement...
"Saint Nicolas, patron des enfants sages", dit la vieille chanson. Disons plutôt : "Saint Nicolas, patron des enfants sages et de ceux qui le sont moins - de ceux qui attendent quelque chose de vous et de ceux qui, malheureux, souffrent de n'avoir rien reçu, patron de toute l'enfance quelle qu'elle soit et où qu'elle vive, obtenez à tous ces petits d'hommes, en plus de la joie d'un instant, les grâces plus solides dont ils ont besoin pour rester - ou devenir, de vrais fils de Dieu".


Source : RICHOMME, A.,
Un ami pour chaque jour. Les Saints du calendrier,
Paris, Éditions SOS, 1980, p. 325-326.

NICOLAS, évêque de Myre (IVème s.). II y a un abîme entre la popularité de ce saint et ce que nous savons de sa vie. Selon les plus anciens documents (VIème s.), Nicolas, natif d'Asie Mineure, devint évêque de Myre en Lycie. Emprisonné durant la persécution de Dioclétien, il aurait assisté au concile de Nicée qui condamna l'arianisme. II aurait été enterré dans sa cathédrale.
Mais il faut compter surtout avec la luxuriante légende dorée de saint Nicolas. Un des épisodes les plus connus est celui qui est relatif aux trois filles d'un de ses voisins : ayant appris que celui-ci, incapable de les doter, les destinait à la prostitution, il jeta nuitamment chez cet homme, par la fenêtre, trois bourses d'or. Beaucoup moins vraisemblable, encore que plus populaire, est l'épisode de la résurrection par saint Nicolas de trois enfants qu'un aubergiste avait assassinés et mis dans son saloir.
Le culte de saint Nicolas s'étendit en Orient, au point que Constantinople eut jusqu'à 25 églises à lui dédiées. En 1910, en Grèce, sur 4637 églises, 359 avaient saint Nicolas comme patron. Il est, avec saint André, le patron de la Russie ; dans l'imagination populaire, il y devint l'héritier de Mikoula, le dieu de la Moisson, "qui remplacera Dieu quand Dieu sera trop vieux". L'Occident ne fut pas en reste. Car, quand les Sarrasins s'emparèrent de Myre au XIème s., les reliques du saint furent transférées en Italie, à Bari, qui devint l'un des grands lieux de pèlerinage de la chrétienté. La Grande-Bretagne, après la Grèce, voua un culte extraordinaire à saint Nicolas, considéré comme le patron des marins. Dans tout le pays, les églises en l'honneur de l'évêque de Myre se multiplièrent. Patron des écoliers, saint Nicolas - qu'accompagnent son âne chargé de cadeaux et le vigoureux père Fouettard - est particulièrement vénéré par les enfants, le 6 décembre, dans le nord de la France, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Suisse [et en Belgique !] : porteur de jouets et de friandises, il les dépose de nuit dans la cheminée. Mais la légende du "Père Noël" et de l'Américain "Santa Claus" porte de plus en plus préjudice au culte populaire de saint Nicolas. - Fête le 6 décembre.

Source : PIERRARD, P.,
Dictionnaire des prénoms et des Saints,
Paris, Librairie Larousse, 1974, p. 160-161