saint lambert Emines

SECTEUR DE LA BRUYÈRE

Paroisse Saint Lambert d'Émines

   
 

 

Saint-Lambert

 

LAMBERT : avec saint Hubert et saint Willibrord, il est considéré comme un des saints qui contribua à l'implantation définitive du christianisme dans nos régions.
Né à Maastricht de parents riches, dont la famille avait donné plusieurs comtes au royaume franc, il reçut à la cour de Théodard la formation cléricale et à la cour du roi l'éducation palatine. Il se fit dès lors remarquer non seulement par ses vertus, en particulier par sa chasteté et son humilité, mais aussi par sa vigueur physique, son agilité et son courage. Fort bien vu de l'évêque Théodard, il était tout désigné pour lui succéder. Après l'assassinat de ce dernier, les suffrages du clergé et du peuple, ainsi que la grâce du roi d'Austrasie Childéric II, le portèrent au trône pontifical.
Après le meurtre de Childéric II, Ebroïn contraignit Lambert à céder son siège à un intrus, Pharamond. Il se retira à l'abbaye de Stavelot où il demeura sept années, édifiant les moines par sa vie pieuse et régulière. Après la mort violente d'Ebroïn, Lambert put quitter son exil (682). Il exerça bientôt une grande autorité sur le roi, Clovis III (690-694), et le maire du palais, Pépin II.
La mort tragique de saint Lambert doit être regardée comme un des événements les plus considérables de l'histoire de Liège. C'est à elle que la modeste villa qui avait d'abord appartenu au domaine public, puis à l'Église de Maastricht, doit être devenue une grande cité. On a longuement discuté sur les causes de ce drame. D'après la Vita Landiberti, deux hommes méchants, à savoir Gall et Riold, ne cessaient de molester l'évêque et ses ministres. Ils se rendaient coupables envers eux d'actions perverses. Tous en étaient irrités. Des amis du pontife, remplis de colère et de tristesse, mirent à mort ces deux individus, "comme ils l'avaient bien mérité". Or Gall et Riold avaient des liens de famille avec le puissant domesticus, Dodon, préposé à l'administration du fisc et des domaines royaux. Dodon jura de venger ses proches. Un matin, avec une troupe de gens armés, il surprit le pontife dans la villa de Liège. L'évêque saisit une épée pour se défendre, mais bientôt il la rejeta. Ses deux neveux, Pierre et Andolet, parvinrent d'abord à repousser les envahisseurs. Ceux-ci renouvelèrent leurs assauts et massacrèrent une partie de la suite du saint. Un des sicaires monta sur le toit de la maisonnette et, d'un coup de lance il étendit par terre l'évêque qui priait. C'était le 17 septembre de l'année 705.
Ainsi le meurtre de Gall et de Riold se trouvait vengé à la fois par la mort du pontife innocent et par celle de ses neveux coupables. En effet Lambert, près d'expirer, accusa formellement Pierre et Andolet d'être les auteurs du meurtre de Gall et de Riold. Mais l'auteur de la Vita Landiberti, impressionné par la gravité des injures faites au saint pontife et à ses ministres, cherche à les absoudre.
Quoi qu'il en soit, Lambert fut vite canonisé par la voix populaire. Des témoignages indiscutables de la première moitié du VIIIème siècle prouvent que, dès lors, conformément à une pratique fort usitée au moyen âge, on lui décerna le titre de martyr. Le corps avait été transporté en bateau de Liège à Maastricht et déposé dans la basilique de Saint-Pierre de Maastricht. Des anges, prétend le premier biographe de la Vita Landiberti, se chargeaient de garder son tombeau. Bien plus, ils chantaient nuit et jour pour l'honorer. À Liège, dans la maisonnette où avait été répandu son sang, s'allumaient miraculeusement des cierges. Deux hommes et une femme aveugles recouvrèrent la vue. Les meurtriers du saint, à commencer par Dodon lui-même, furent atteints par la main de Dieu.
Le cadavre du saint ayant dans un premier temps été déposé dans la tombe de son père, à l'église Saint-Pierre de Maastricht, la dévotion populaire se portait de préférence du côté de Liège, vers la maison où s'était déroulé le drame. Là s'opéraient les principaux miracles. Aussi vit-on la foule, jeunes et vieux, hommes et femmes, concourir allègrement à l'édification d'une basilique.
La cérémonie de la translation put se dérouler, le 24 décembre 717 ou 718, semble-t-il. À Nivelle-sur-Meuse et à Herstal, où s'arrêta le cortège, se produisirent des miracles. La foule reconnaissante s'empressa d'y élever des "basiliques". Pour recevoir dignement les reliques du martyr, on avait construit dans l'église Saint-Lambert un mausolée "admirablement orné par le travail des artistes, par l'abondance de l'or, de l'argent, des pierres précieuses et des joyaux de toute espèce, apportés alors et dans la suite par les riches et les puissants du jour".


Source : d'après DE MOREAU, É., s.j.,
Histoire de l'Église en Belgique des origines aux débuts du XIIème siècle, t. I,
Bruxelles, L'Édition Universelle S.A., 1940, p. 91-104.

 

 
 
Dernière mise à jour : 21 janvier 2012