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SECTEUR DE LA BRUYÈREParoisse Saint Martin de Warisoulx |
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Qui ne
connaît le légionnaire au manteau partagé ? Martin
est le symboIe même de la charité intelligente
et totale. Quand, à la porte d'Amiens, ce pauvre se dresse devant
lui, le vaillant soldat n'a aucun argent... Qu'à cela ne tienne
! Il fait froid ; son cœur plein de compassion ne peut laisser
la demande sans réponse. Et c'est le beau coup d'épée
dont la promptitude force aujourd'hui encore notre admiration.
Charité chrétienne s'il en est... avant pourtant que d'être baptisé, car Martin est encore catéchumène. Tandis qu'il s'en va dans la bise coupante, se couvrant au mieux du pan de chlamyde qui lui reste, une étonnante chaleur l'envahit. Nous savons la suite : Jésus lui-même apparaissant au jeune homme, revêtu du manteau et déclarant que c'est bien lui qui l'a reçu. À dix-huit ans, Martin est baptisé. C'est alors qu'il renonce à l'armée, à la grande déception de ceux qui l'apprécient. Mais il a soif de servir un autre chef que le César régnant. Puisque c'est en Gaule qu'il se trouve - bien qu'il soit de la Pannonie, c'est-à-dire hongrois, de naissance - le voilà devant Hilaire, évêque de Poitiers, s'en remettant à lui pour la conduite de sa vie qu'il veut consacrer à Dieu. Le saint évêque transforme en moine le bouillant légionnaire des armées romaines. Devenu à son tour évêque de Poitiers, puis de Tours, Martin continue de mener la vie monacale et construit plusieurs monastères. Ils sont bientôt quatre-vingts hommes qui y vivent sous sa direction forte et sage, s'épaulant mutuellement pour évangéliser le pays et gravir aussi les degrés de la sainteté. Gravement malade après une longue vie pleine de mérites, Martin aspire à la mort qui le réunira à Dieu. Mais devant les supplications de ses frères il se reprend, oublieux de lui jusqu'au bout, pour prononcer la fameuse parole : « Seigneur, si ton peuple a encore besoin de moi, je ne refuse pas le travail.» (« Non recuso a laborem. »). Cette ultime leçon que nous donne saint Martin est peut-être la plus intéressante à contempler et à assimiler. Ecrasé d'ans et de travaux, sentant son âme prête à quitter la prison de son à corps, désirant de toute son ardeur voir enfin ce Dieu qui lui est tout, il accepte volontiers un nouveau délai, pourvu que sa présence prolongée puisse être utile. Il sait que chaque jour vécu sur terre peut perpétuer la louange divine, faire monter le niveau spirituel de l'humanité, faire connaître Dieu davantage et continuer la mise en œuvre des mérites infinis du Christ au profit des hommes. Dans cette perspective, quelques années ou même quelques jours de plus peuvent être singulièrement bénéfiques. Ainsi fut le grand saint Martin, prêt à mourir et prêt à vivre, acceptant d'un cœur égal l'un ou l'autre au jugement de Dieu. Ainsi mérita-t-il cette vague extraordinaire de dévotion qui déferla sur lui et que Dieu confirma par nombre de prodiges éclatants. Il est un des saints les plus connus et aimés de France. Mais nous n'aurons garde d'oublier son pays d'origine qui, comme la France, a tant besoin de son aide. Saint Martin, obtenez-nous la vraie charité pour Dieu, pour tous nos frères en humanité et protégez spécialement ces deux nations qui sont vôtres : la Hongrie - la France. Source
: RICHOMME, A., MARTIN,
évêque de Tours (Sabaria, Pannonie, v. 315- Candes, Touraine,
397). Nous connaissons saint Martin surtout par son ami Sulpice Sévère,
dont le genre littéraire semble se complaire dans les aventures
extraordinaires et les miracles, mais dont la véracité
- pour le fond - ne peut être niée. Une fois débarrassée
des invraisemblances, la vie de saint Martin nous apparait comme celle
du père du monachisme français et de l'introducteur du
christianisme dans la Gaule romaine.
Fils d'un tribun militaire, enrôlé lui-même à quinze ans, Martin sert dans la garde de l'empereur. À Amiens, où il est un moment cantonné, il partage son manteau avec un pauvre ; la nuit suivante, Jésus lui serait apparu portant la moitié du manteau. Baptisé, libéré, Martin vient à Poitiers, où l'attire le renom de l'évêque saint Hilaire, qui l'ordonne exorciste. Durant l'exil d'Hilaire en Orient (356), Martin retourne en Pannonie, où il convertit sa mère et combat l'arianisme. Après un séjour malheureux en Italie, il regagne Poitiers, où est revenu Hilaire. Avec l'appui de ce dernier, Martin crée un monastère à Ligugé - le premier dans la Gaule centrale - où des disciples se joignent à lui, et d'où sa renommée se répand à travers la Gaule. Nonobstant son extérieur peu soigné, son allure de « paysan du Danube »., Martin est élu évêque de Tours (371). Il n'en reste pas moins fidèle à son idéal monastique, et son point d'attache sera le monastère de Marmoutier, fondé par lui et qui deviendra une pépinière de missionnaires. L'épiscopat de Martin marque le triomphe du christianisme dans l'ouest de la Gaule ; ses tournées missionnaires aboutissent à l'organisation des premières paroisses rurales et à la création de nombreux monastères. Par son ascendant, il convertit nombre de grands personnages de la Gaule romaine, tel Paulin de Bordeaux (de Noie). Cependant, surtout dans ses dernières années, il souffre des attaques dont il.est l'objet de la part, notamment, d'évêques moins zélés ou plus mondains. Martin tombe mortellement malade à Candes ; il rend son âme à Dieu entouré de ses disciples. On l'inhume à Tours, où son tombeau devient tout de suite un centre de pèlerinage. Aucun saint, d'ailleurs, ne sera plus populaire en France : il a donné son nom à 485 bourgs ou villages et à 3 667 paroisses de ce pays. - Fête le 11 novembre. Source
: PIERRARD, P.,
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