SECTEUR DE SAINT-SERVAIS

Paroisse Sainte-Croix de Saint-Servais

 

 

 

Histoire

 

“Or une légende rapporte qu’au premier temps du christianisme, Saint Servais, évêque de Tongres, venait célébrer la messe puis se remettait aussitôt en route vers Tongres où il arrivait assez promptement pour dire une seconde messe après la première”

SAINT SERVAIS, évêque
Premier évêque de Belgique dont le nom soit connu avec certitude, Servais est cité par Athanase d’Alexandrie comme l’un de ses partisans dans la lutte contre l’hérésie d’Arius, qui niait la divinité du Christ. Au concile de Rimini, en 359, où il siégeait comme évêque de Tongres, Servais tint bon contre les pressions de l’empereur Constance, favorable aux hérétiques. À sa mort, son corps fut déposé à Maastrjcht, où l’évêque Monulphe fit construire une église en son honneur.

Origines

Longtemps, le village de Saint-Servais fut dissocié du faubourg namurois de Sainte-Croix. Contemporaines depuis le 14 ème siècle, les deux entités dotées d’une église se partageaient les ferveurs religieuses d’une population se “libérant” progressivement de la tutelle de Namur.

Dès 1272, l’on trouve les traces d’une chapelle à Saint-Servais. Située entre le chemin qui conduit aux fonds de Rhiles et le moulin dit de l’Escaille, cette chapelle “semblait remonter à la plus haute Antiquité”. La présence de cet édifice est confirmée par les albums du Duc de Croy de 1604 qui témoignent de la présence à Saint-Servais d’une modeste église entourée de son cimetière. Destruction probable sous la Révolution française.

En 1497 et en 1591, nous trouvons des mentions de la chapelle Sainte-Croix. Le 2 novembre 1633, Mgr Engelbert DES BOIS (1630-1651) érige Sainte-Croix en paroisse, délaissant ainsi l’église de Saint-Servais. Cette chapelle de la Sainte Croix se trouvait à la jonction de la chaussée de Waterloo et de la chaussée de Gembloux.

Cette chapelle, devenue église, était dépendante de l’archiprêtré de Namur, mais l’Abbé de Malonne conférait la cure et la faisait desservir par un religieux de son abbaye (voir tableau des curés). La photo montre bien la simplicité de ce monument : bâtiment en forme de croix latine, avec la porte tournée vers Namur et une petite porte donnant sur la chaussée de Gembloux. Un petit cimetière était situé devant l’église.

Dès 1650, (mention en 1782 et 1786) on signale le délabrement de cette église. Les religieux desservants avaient commencé à bâtir une nouvelle église à la place de l’ancienne. Les événements de cette période empêchèrent l’aboutissement de ce projet : épidémies, siège de Namur par les Français en 1695 avec la destruction du faubourg de Sainte-Croix (seule l’église fut épargnée).

Révolution française, Empire et Indépendance

Fermée le 20 septembre 1797, elle est réouverte le 12 octobre au culte romain suite à la demande du citoyen A. Thémon. Un an plus tard, l’église Sainte-Croix, la sacristie, le cimetière et une école, le tout ensemble, contenant environ 24 verges de terrain, fut estimé d’un revenu annuel de 80 livres. La vente des biens nationaux, censée renflouer les caisses de la République française, concerna l’église Sainte-Croix en mars 1799. Estimée à 4000 francs, elle fut attribuée au citoyen Dutilleux pour la somme de 5000 francs. Réouverte au culte la même année, l’église change de propriétaire pour aboutir dans les mains d’Antoine Thémon, ancien mambour de l’église et de Malcorps, ancien frère carme. Au début du 19 ème siècle, la paroisse réintègre successivement soit le giron de Saint-Loup soit celui de Saint-Joseph.

Après la chute de Napoléon, le régime hollandais refait de Namur une place forte de première classe dont les portes étaient fermées la nuit, ce qui mettait les habitants des faubourgs hors défenses en cas d’urgence. Cet état de fait eut pour conséquence la domiciliation d’un vicaire de Saint-Jean à la Sainte-Croix.

Une nouvelle église

Face au développement du faubourg de Sainte-Croix et de la commune de Saint-Servais, Monseigneur Jean-Arnold Barrett (1833-1835) éleva par décret la chapelle de la Sainte-Croix au rang de succursale épiscopale regroupant “toute la commune de Saint-Servais, distraites respectivement des paroisses de Saint-Jean l’évangéliste, de Saint-Joseph et de Frizet et nous formons en vertu des présentes, une chapellerie indépendante, dont le siège sera à la Sainte-Croix”. Ces dispositions épiscopales reçurent I’agréation royale le 31juillet 1839.

Une nouvelle église va être construite. La première pierre est bénie le 9 juin 1853 et l’évêque de Namur, Mgr N-J. Dehesselle (1836-1865) peut la consacrer le 26 mars 1855. Le maître d’œuvre de cette église néo-gothique fut Mr Servais Jacquet sur les plans de l’architecte Vierset. Si les premiers temps sont consacrés à la décoration de l’édifice - le tableau du maître-autel de Bauverie, stations de M Bonet, tous deux artistes namurois - il est décidé en 1895 d’agrandir l’église. Ces travaux posent des problèmes de toutes sortes et ne débutent qu’en 1900 pour prendre fin deux ans plus tard. L’église a fait un pas vers la route de Gembloux et s’est dotée d’une salle de catéchisme sur son côté droit. C’est sous le ministère de l’abbé Coppin que l’église a évolué jusqu’à sa forme actuelle.

En 1911, pose de la première pierre d’une chapelle (Notre-Dame de Lourdes) pour la population croissante de Saint-Servais : 4500 habitants à cette date. La chapelle sera ouverte au culte en 1912.
En 1919, pour la même raison, il est décidé de créer une succursale. Cette décision aboutit en 1934 à la construction de l’église du Sacré-Coeur. Cette période est aussi celle du développement considérable des mouvements d’action dans la paroisse.

Durant la seconde guerre mondiale, malgré la résistance de l’Abbé Marchand, les deux cloches d’origine, la plus petite et la plus grosse, seront réquisitionnées par l’armée allemande. On ne les retrouvera jamais.

De 1945 à nos jours

Hormis les évidents travaux de rénovation et d’entretien d’un tel édifice, l’église ne subit plus aucune modification. Elle accueille tout de même de nouvelles cloches dès 1950. L’intérieur suivra l’évolution liturgique du Concile Vatican II (1962-1965).
La paroisse, quant à elle, est érigée le 26 septembre 1958 en doyenné par Monseigneur André-Marie Charue(1941-1974). Font désormais partie de ce doyenné les paroisses de Belgrade, Bovesse, Buzet, Émines, Flawinne, Floreffe, Floriffoux, Franière, Malonne, Meux, Rhisnes, Saint-Denis, Saint-Marc, Temploux, Saint-Servais-Sacré-Coeur, Saint-Servais-Sainte-Croix, Sovimont, Soye, Suarlée, Villers-lez-Heest, Warisoulx.

Repères historiques
1795-1815   :
Les Français (régime révolutionnaire) occupent notre pays
1801 - Napoléon 1 er consul signe un Concordat avec l’Église
1804-1814 et 1815, Napoléon, empereur des Français.
1815-1830 :Régime hollandais
1831 : Indépendance belge reconnue

 


Liste des curés de la paroisse.
En l’église Sainte-Croix.
place d’Hastedon,démolie en 1859.

1574,Armand Dieudonnez
1587, Georges Bruyhyer
1595, Benoit Vouroux
1601, Jean Feraude
1609, Gilles Moins
1616, Claude Wérotte
1628, Henri Cocquelet
1662, Henri stapleaux
1679, Jean-Fr. Bidart
1690, Claude Jassy
1703, François Deltour
1727, Hubert Duchateau
1732, Guillaume-Ferdinand Courtois
1746, Daniel Ferrier
... ?

En l’église Sainte-Croix, rue de Gembloux, ouverte en 1855.

1838, l’abbé Colin
1861, l’abbé Bourgeois
1867, l’abbé Famenne
1879, l’abbé Servais
1898, l’abbé Coppin
1906, l’abbé Mohimont
1917, l’abbé Jouve
1927, l’abbé Donot
1929, l’abbé Marchand
1944, l’abbé Noulard
1952, l’abbé Maljean (doyen en 1958)
1963, l’abbé Meunier
1974, l’abbé Dupuis
1996, l’abbé Florence
2011, le père Nlandu et l'abbé De Smet


Merci aux collaborateurs

Le texte est une synthèse d’extraits de documents existants de A. Gérard, Abbé Cherdon et collectionneurs.
Le texte de base a été rédigé par Matthieu Collard, originaire de Saint-Servais. Contemporanéiste, il a travaillé notamment sur l’histoire de la révolte et des révolutions, et sur l’activité littéraire et artistique de la 1 ère guerre mondiale. Clément Thonet a veillé efficacement à l’aboutissement de ce travail.
Les photos proviennent de l’institut Royal du Patrimoine Artistique, de collections privées, de M. Claude Alaime.